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J'ai testé tous les launchers Linux, alors j'ai fait le mien

Steam, Heroic, Lutris, Pegasus, et même Steam Big Picture. Je les ai tous testés sur Linux, et ils ont tous un problème. Moi, je voulais juste une solution vraiment convenable. Ça fait quelques années que j’y pense, et en septembre je m’y suis mis. Ça s’appelle Universe.

Meme Always Has Been: un astronaute, manette en main, regarde la Terre et demande « attends, c’est que des apps de bureau ? », l’autre, étiqueté « le jeu vidéo sur Linux », le braque et répond « ça l’a toujours été »

Steam et Lutris, d’abord

Au départ, j’ai beaucoup utilisé Lutris et Steam. Et les deux ont le même souci, chacun à sa façon.

Steam, c’est très bien pour les jeux Steam. Le reste, beaucoup moins. Un jeu GOG, un jeu Epic ou un émulateur, tu l’ajoutes en raccourci à la main, sans jaquette, et il faut passer par des outils à côté pour que ça ressemble à quelque chose. Et sur le bureau, le client Steam, c’est une app desktop avec des menus, des listes et un store collé dessus.

La bibliothèque du client Steam: une colonne de jeux en liste à gauche, des étagères de jaquettes à droite, et les onglets Store, Library et Community en haut

Une app de bureau. Très bien à la souris, beaucoup moins depuis le canapé.

Lutris, c’est l’inverse. Il gère tout: Wine, les émulateurs, GOG, Epic, avec des scripts d’installation pour à peu près n’importe quel jeu. C’est super puissant, mais c’est une app GTK, une grille de jaquettes avec des menus, des boutons et des panneaux de réglages. Tu ne la pilotes pas à la manette. C’est un outil pour installer et configurer, pas un endroit où tu as envie de choisir ton jeu.

La bibliothèque de Lutris: une grille de jaquettes de jeux libres, et une barre latérale avec les sources, les runners Wine et Linux, et les plateformes

Lutris: tout est là, mais tout se fait à la souris.

Heroic, c’est la même logique pour Epic et GOG. Et Big Picture, lui, se pilote vraiment à la manette, mais il reste pensé pour Steam d’abord.

Le problème de fond, il est là. Sur PC, les launchers sont faits pour un bureau, un clavier et une souris. Sur console, tout est pensé pour la télé, le canapé et la manette. Moi, je voulais le second avec tous mes jeux dedans. Une vraie interface de jeu vidéo, moderne, où tu attrapes ta manette et tu joues, sans jamais toucher au clavier.

Meme Winnie l’ourson en smoking: en t-shirt, « lancer un jeu à la souris »; en smoking, « le lancer à la manette depuis le canapé »

Pegasus, presque

Ensuite, je suis vraiment parti sur Pegasus. C’était le meilleur pour moi, et c’est d’ailleurs lui qui m’a motivé à me lancer. Mais Pegasus, c’est une solution de power user de ouf, et du coup tu es obligé de beaucoup maintenir ce que tu fais.

Pegasus avec un thème en grille: la jaquette de Castlevania en grand à gauche avec son résumé et une capture du jeu, et une grille de jaquettes NES à droite, sous des onglets par console

Pegasus, déjà à la manette. Mais tout se règle à la main, dans des fichiers.

Les thèmes, même histoire. Ceux que je trouvais étaient très souvent un peu anciens, pas très bien maintenus. Du coup j’ai fait le mien, Reprise, un thème vraiment moderne.

Reprise, mon thème Pegasus: Donkey Kong Country Returns en grand sur l’accueil, les boutons Continue et Details, et une rangée de jaquettes en bas avec les boutons de la manette rappelés en pied de page

Reprise, mon thème Pegasus. Universe est parti de là.

Et au fur et à mesure, la liste s’est allongée. J’aurais bien aimé des extensions, il n’y en a pas dans Pegasus. Des thèmes plus à jour. Mes propres stores, GOG, Steam et le reste, branchés directement. Et puis il y avait ce truc: quand je lançais un jeu, la fenêtre de Pegasus se fermait, et il y avait une petite latence avant que la fenêtre du jeu s’ouvre.

Ce que les consoles font

Tous ces petits trucs, sur console, ils sont tellement pratiques. Sur un PC Linux, tu ne les as pas.

Le plus gros, c’est l’overlay en jeu. Tu appuies sur HOME, le jeu se met en pause et Universe s’ouvre par-dessus. De là, tu prends un screenshot, tu allumes MangoHud, tu limites les FPS, tu règles le volume, tu reconnectes une manette ou tu quittes. Le tout à la manette, sans lâcher le canapé. Universe est un des seuls launchers à avoir ça, avec Steam Big Picture.

Dead Cells en pause sous l’overlay d’Universe: le dock en bas, et le menu Performance ouvert avec MangoHud activé, la limite de FPS et la pause sur HOME

Dead Cells en pause, MangoHud à un bouton.

Et le lancement ne coupe plus rien: Universe ne se ferme pas, il reste sous le jeu, et c’est lui que HOME ramène par-dessus.

Ce qu’il y a dedans

GOG, Steam, Epic et itch.io dans une seule bibliothèque, installés et mis à jour depuis Universe. Au premier lancement, il récupère les jeux déjà installés par Lutris et Heroic, et les dossiers de ROMs des émulateurs, sans rien déplacer. Proton, Wine et 21 émulateurs s’installent et se mettent à jour depuis les réglages.

Côté look, il y en a trois. Celui par défaut est un portage de Reprise, mon thème Pegasus. Les deux autres reprennent l’accueil de la Switch 2 et celui de la PS5. Et ce qui manquait à Pegasus est là: les modules, les stores et les thèmes faits par d’autres s’installent comme add-ons.

L’accueil d’Universe avec le look par défaut: l’artwork de GTA V en fond, les boutons Continuer et Page du jeu, et une rangée de jaquettes en bas

Le look par défaut, c’est Reprise, porté de Pegasus.

Ses premières étoiles

C’est encore tôt, on est en 0.0.13. Il s’installe sur Arch par l’AUR, sur Fedora par COPR, et sur SteamOS ou Bazzite avec un script. Il tourne sur un Steam Deck, ou en session dédiée, sans bureau, comme une console. C’est aussi le projet qui a le plus profité de mes 100 commits par jour: 1 263 commits entre le 11 septembre et le 25 octobre.

Aujourd’hui il a ses premières étoiles sur GitHub, et il fait son petit bout de chemin.


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