J'ai lâché le cold call pour le cold email
112 numéros composés, 32 conversations, zéro essai. C’est le bilan de mes deux créneaux de cold call pour Aplorio, fin juillet, entre midi et deux, à appeler des artisans du bâtiment. Le 30 septembre, j’ai fermé le canal.

Le téléphone ne scale pas
Ce qui me gênait avec le cold call, c’est que c’est très manuel et très chronophage. Ça prend énormément de temps pour pas grand-chose. Et surtout, on ne peut pas scale. Avec le cold email, si. Tu touches beaucoup, beaucoup plus de monde, avec une rapidité que tu n’auras jamais au téléphone, sans même rien faire.
C’est une solution de flemmard, entre guillemets. Mais sur des petits abonnements à 12 euros par mois, ça fait totalement sens.
Dix domaines à part
La règle numéro un, c’est de ne jamais envoyer depuis aplorio.fr. Un domaine grillé emporterait avec lui les relances clients et les emails de l’app. J’ai donc pris dix domaines .fr à côté pour 59,88 euros TTC l’année, une boîte Google Workspace par domaine à 8,10 euros HT par mois, et Instantly en plan Growth à 47 dollars par mois pour envoyer.
Si un domaine grille, j’en perds un sur dix. Pas la marque.
Instantly propose aussi des comptes déjà chauffés, à louer. Je les ai vus une fois connecté. Des personas figés, du genre « Joseph Lewis », sur des .org génériques, et un nom d’expéditeur qu’on ne peut pas changer. Non merci. On a chauffé nos boîtes nous-mêmes, trois semaines avant le premier vrai envoi, avec en plus de vrais fils d’emails avec la famille et les amis: la boîte écrit, le proche va voir dans ses spams, sort le message s’il y est, et répond.
SPF, DKIM et DMARC alignés sur chaque domaine, Postmaster Tools branché sur les dix. Au test de placement du 30 septembre, sur 474 envois vers des boîtes témoins, 6 sont tombés en spam, tous chez Gmail grand public.
Le premier email ne vend rien

La liste vient de l’annuaire RGE de l’ADEME, où l’artisan publie lui-même son adresse. Ça fait 18 811 entreprises dans mon fichier, et la source est écrite en P.-S. de chaque premier email, RGPD oblige.
La séquence tient en trois emails, en texte brut, signés, sans pixel de tracking, et sans aucun lien dans le premier. Ce premier email existe en deux versions, testées l’une contre l’autre: une qui pose une question sur ses habitudes de devis, une qui lui propose un devis exemple à son nom. Les deux finissent sur une question à laquelle on répond en un mot. Quatre jours après, le devis. Dix jours après, l’offre: 30 jours d’essai sans carte, puis 12 euros par mois à vie pour les 100 premiers clients.
La barre est posée avant
Avant le premier envoi, j’ai écrit ce qui décide de la suite, pour que le temps déjà investi ne vote jamais. À 5 % de réponses ou plus, on passe au volume. Entre 3 et 5 %, on retravaille le premier email. Sous 3 %, le canal passe en passif, et le débat ne se rouvre plus. Verdict le 24 novembre.
Tout est écrit avant le premier envoi. Après, je ne négocie plus avec moi-même.
La campagne tourne encore, avec déjà plus de 2 000 emails partis sans que j’aie eu à décrocher un téléphone. Les chiffres, je les garderai pour le verdict.